Dossier: Technologies de rupture

L’avenir du commerce passe par l’Intelligence Artificielle

12 octobre 2022
Par Ara Shamirzayan, Directeur de la technologie chez Webb Fontaine

Le commerce international est le moteur de l’économie mondiale. Il est non seulement au cœur des opérations courantes des entreprises (grandes et petites), des gouvernements et des ONG du monde entier, mais aussi un facteur de croissance économique, de productivité et de bien-être pour les citoyens des pays engagés dans le commerce international.

Cette année, les chiffres du commerce mondial affichent une nette progression. L’industrie de l’import-export a surmonté les nombreux défis posés par la pandémie de COVID-19 en 2020, dont les effets sont toujours perceptibles. Selon le Global Trade Update de la CNUCED, le volume des échanges s’élevait à 7,7 billions de dollars US au premier trimestre 2022, soit une hausse d’environ un milliard de dollars US par rapport au premier trimestre 2021.

Le maintien de cette dynamique positive implique la capacité du secteur à atténuer les facteurs qui affectent la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Ceux-ci incluent la défaillance des transports, la hausse des prix, les remous géopolitiques, etc. Les échanges commerciaux internationaux, ainsi que les immenses avantages qui en découlent, reposent sur la libre circulation des biens, des produits et des services entre les nations et sur la simplicité de leur importation ou exportation.

Les progrès technologiques et les processus d’automatisation ont nettement amélioré le secteur de l’import/export. Si auparavant la documentation et le classement tarifaire, les contrôles manuels et la gestion des risques relevaient de processus fastidieux, ils sont désormais optimisés par les portails du commerce international. Cette technologie d’automatisation permet à la douane et aux États de mettre en place des processus d’importation et d’exportation simples, rapides et efficaces, tout en apportant un avantage aux entreprises qui dépendent de la circulation des biens et des services pour leurs opérations et leurs clients. Grâce à ces mesures de simplification, l’administration publique peut traiter rapidement et de manière sécurisée les dossiers des opérateurs en règle.

Les acteurs économiques commencent à voir les avantages que l’introduction de l’Intelligence Artificielle apporte au processus de digitalisation de l’écosystème commercial. Par exemple, l’intelligence artificielle place le système de guichet unique à un niveau plus élevé. Outre la gestion des risques ainsi que celle de l’ensemble des processus d’importation et d’exportation qui reposaient auparavant sur des interventions humaines (par exemple la saisie de données à partir de documents scannés, l’application de codes tarifaires aux marchandises à partir de leur description, l’évaluation des risques, la détection d’anomalies, la facilitation des paiements), l’IA du guichet unique utilise l’apprentissage automatique pour gérer les facteurs exogènes pouvant affecter les chaînes d’approvisionnement, et ce au-delà de l’administration.

En utilisant comme base les processus normalisés établis par l’Organisation mondiale des douanes (OMD), qui sont adoptés par la plupart des pays comme référence, l’IA peut intégrer la législation locale et géographique dans ses processus et paramètres configurables, en fonction du pays. Il s’agit notamment des exigences nationales, mais aussi des accords régionaux et internationaux, tels que les traités commerciaux internationaux.

L’IA peut également intervenir pour s’adapter aux changements dynamiques, tels que le retrait d’un pays d’un accord de libre-échange, la hausse des droits et taxes sur les marchandises, ou des troubles géopolitiques. Dans ces circonstances, les connaissances acquises peuvent aider la douane à gérer les hausses de prix, à réacheminer les marchandises par de nouvelles voies (en cas de fermeture de ports ou de frontières) ou à effectuer de nouvelles évaluations des risques fondées sur l’origine ou la destination des marchandises. Les données et les marges peuvent, dans des cas extrêmes, être appliquées manuellement, puis intégrées à la banque de données de l’apprentissage automatique de l’IA, dont elle peut alors tirer parti.

La mise au point de l’IA est une activité dynamique fonctionnant en arrière-plan pour réunir toutes les ressources nécessaires à l’élaboration de solutions.

l’IA simplifie déjà les échanges et continuera sans aucun doute à stimuler la croissance et l’efficacité des chaînes de valeur mondiales en optimisant et en automatisant les modèles opérationnels existants. La mutation du commerce axée sur l’IA ne cessera de soutenir les pays et les entreprises engagés dans le commerce en réduisant le temps, les coûts et la complexité des opérations commerciales.

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