Renforcer la vigilance : vue d’ensemble du programme cynotechnique de la Douane d’Ukraine
23 juin 2026
Par le Service national des douanes d'UkraineEn 2025, le Service national des douanes d’Ukraine a recensé 1 173 tentatives illégales d’importation de stupéfiants, de substances psychotropes et de précurseurs, dont 626 ont été détectées par l’une de ses 86 équipes cynophiles. Ces équipes ont également contribué à mettre la main sur d’autres types de marchandises illicites, et, avec leur soutien, la Douane a pu procéder à 246 saisies d’armes, de devises, de produits du tabac et d’ambre.

Ces résultats témoignent de l’intérêt que le recours aux chiens détecteurs présente pour la Douane ukrainienne, ainsi que de l’expertise qu’elle a acquise dans ce domaine. Des chiens bien dressés peuvent mener des contrôles olfactifs « infaillibles » sur des véhicules ou des individus et détecter des molécules odorantes cibles en quelques secondes, même à des concentrations infimes et même si les marchandises ou les substances interdites sont scellées hermétiquement pour en neutraliser l’odeur ou camouflées par d’autres senteurs.
La Douane ukrainienne travaille avec des chiens de détection depuis 1994, lorsque le Centre cynophile a été créé au sein du Bureau de douane régional de la mer Noire, à Odessa. À l’époque, compte tenu de sa position géographique, l’Ukraine était devenue un territoire de transit pour des grandes quantités de matières premières utilisées pour la fabrication de stupéfiants et le déploiement des premières équipes cynophiles est venu appuyer les efforts de lutte contre le trafic de drogues.
Le Centre a été conçu pour la formation simultanée de 12 à 14 inspecteurs maîtres-chiens avec leurs chiens de service. En 2010, il a été transféré à Khmelnytskyi dans les locaux de l’institut pédagogique de la Douane, l’organe chargé d’offrir des formations poussées aux employés. Les chiens détecteurs sont choisis en fonction de critères stricts relatifs à leur âge (4 à 18 mois), à leurs capacités sensorielles (odorat, ouïe et vue), à leur personnalité (instinct naturel de jeu) et à leur comportement (par exemple, leur niveau d’obéissance ou leur réponse adaptée aux bruits et aux stimuli externes). Leurs qualités et leur comportement sont évalués au début du dressage initial à travers huit exercices de base.
Les douaniers qui souhaitent devenir maîtres-chiens doivent se soumettre à un processus de sélection qui vise à jauger leurs connaissances de la législation, des réglementations et des procédures douanières concernant les équipes cynophiles, ainsi que des protocoles pour la prise en charge des chiens de service et les soins à leur impartir. Les candidats doivent être capables d’évaluer l’état de santé d’un chien en fonction de signes extérieurs, de faire la distinction entre des maladies infectieuses et non infectieuses, d’administrer les premiers soins et de prendre des mesures prophylactiques et de prévention pour éviter toute propagation d’infections.
La grande majorité des équipes cynophiles sont entraînées à des fins de double spécialisation. Les formateurs utilisent un « clicker », soit un petit outil métallique portatif qui produit un ‘clic’ audible sous pression de la main, pour dresser les chiens à des comportements spécifiques, pour qu’ils développent une capacité de fouille et de détection stable et pour qu’ils obéissent sans faille à leur maître. Les maîtres-chiens apprennent non seulement à travailler avec leur chien mais aussi à en prendre soin. Une fois déployées, les équipes cynophiles affinent leur savoir-faire au point de transformer les pratiques apprises en automatismes. Chiens et maîtres-chiens suivent régulièrement aussi des formations de remise à niveau et bénéficient du soutien d’un réseau de formateurs régionaux. Une équipe cynophile dédie en moyenne 4 400 heures à la formation durant les dix ans où elle est active. Chaque équipe est unique et le principal défi consiste à mettre au point un programme de développement des compétences sur-mesure pour chacune d’elles.

Les formateurs offrent également une aide pratique aux bureaux de douane afin qu’ils puissent renforcer les mesures de contrôle et mettre en œuvre les bonnes méthodes de déploiement des équipes canines. Les unités qui ont besoin de l’assistance d’une équipe cynophile doivent être formées en continu pour tirer le meilleur parti de cette ressource. Elles doivent comprendre ce que le chien peut réaliser, comment l’utiliser au mieux (par exemple, comment concevoir la zone de fouille pour garantir au chien un accès optimal aux marchandises, aux espaces ou aux personnes cibles afin de lui offrir les meilleures chances de succès) et le soutien exigé avant, pendant et après le déploiement.
L’Administration douanière gère et tient à jour le système d’information des « services cynotechniques ». Ce logiciel enregistre les données relatives à l’entraînement des équipes, à leur performance opérationnelle et à leur participation à des événements organisés. L’accès aux informations est limité au personnel d’encadrement des unités cynotechniques. Le système contient également des renseignements concernant les activités des unités canines d’autres administrations douanières, recueillies à partir de sources ouvertes et à travers des communications au cours d’événements.
Il convient de noter qu’en raison de la suspension du trafic aérien et maritime, ainsi que de la fermeture des postes-frontières sur les axes à haut risque à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Fédération de Russie, certaines unités cynophiles de la Douane ont été redéployées vers les frontières occidentales du pays. Actuellement, toutes ces unités participent aux procédures de contrôles douaniers aux postes-frontières ferroviaires et routiers, ainsi qu’aux centres de gestion du courrier et des colis internationaux.

De nombreux maîtres-chiens combattent actuellement au sein des Forces armées d’Ukraine pour défendre la nation. Le programme de formation cynotechnique fait toutefois l’objet d’améliorations continues en intégrant des solutions de sécurité modernes et en élargissant la coopération aux autres organismes de répression de la fraude ukrainiens, en vue d’échanger de l’expertise et des meilleures pratiques, mais aussi d’offrir une formation à leurs propres brigades canines.
En 2016, l’OMD a octroyé au centre cynophile ukrainien le statut de Centre régional de formation cynotechnique (CRFC) de l’OMD. Depuis lors, les équipes cynophiles de Pologne et de Slovaquie ont visité le centre pour y suivre une formation et la participation des experts ukrainiens à des forums internationaux est de plus en plus sollicitée, ces derniers ayant déjà pris part à 40 événements, en présence ou en ligne, pour partager leurs expériences et les enseignements qu’ils en ont tirés. Tout au long de l’année 2025, du reste, une série d’échanges intensifs ont eu lieu avec des collègues de Slovaquie, de Pologne, de Roumanie et de Moldavie. Les experts ukrainiens ont enfin participé aux diverses initiatives cynotechniques de l’OMD.
Cet engagement actif sur le plan international a permis de mettre en place de nouveaux outils de formation conçus pour recréer des environnements réels (avec notamment des sources de distraction sonore ou lumineuse), de nouvelles techniques d’apprentissage (comme le dressage au clicker), et de nouvelles méthodes relatives au recrutement des chiens de service et aux protocoles d’accréditation notamment.
La Douane d’Ukraine participe aussi activement aux travaux de l’OMD. Elle a contribué à l’élaboration de normes d’accréditation de l’OMD pour les CRFC et étudie actuellement le contenu du Recueil de l’OMD pour le Programme cynotechnique de la douane : bonnes pratiques et directives, en vue d’améliorer encore son propre programme.
En savoir +
https://dspkz.customs.gov.ua/
ds.post@customs.gov.ua