Lutte contre le blanchiment de capitaux : comment la Douane du Nigéria a renforcé sa vigilance et détermination
23 juin 2026
Par Salihu Safiyanu Mas'ud, directeur de l'unité chargée de la lutte contre le blanchiement de capitaux, Service des douanes du NigériaLe Nigéria lutte aujourd’hui beaucoup mieux contre le blanchiment de capitaux, comme en témoigne son retrait en 2025 de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée[1] du Groupe d’action financière (GAFI), ainsi que de la liste des juridictions à haut risque de l’Union européenne.
En octobre 2025, le Groupe d’action financière (GAFI) a salué les progrès majeurs que le Nigéria avait réalisés dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et a annoncé que le pays n’était plus soumis à une surveillance renforcée. Organisation intergouvernementale fondée en 1989 à l’initiative du G7 et chargée d’élaborer des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et d’œuvrer à leur application, le GAFI a souligné les grandes améliorations apportées aux cadres juridiques et réglementaires du Nigéria en matière de lutte contre la criminalité financière, le renforcement des capacités de contrôle, ainsi que l’amélioration de la coopération entre la Banque centrale du Nigéria, les autres organismes de réglementation et les institutions financières en vue de garantir le respect de la réglementation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. Ces progrès sont le fruit d’un effort concerté de plusieurs organismes et parties prenantes, notamment le Service des douanes du Nigéria (NCS).
Définition du blanchiment de capitaux
Quels sont les éléments constitutifs de l’infraction de blanchiment de capitaux au Nigéria ? Aux termes de la législation nigériane, il y a blanchiment de capitaux lorsqu’une personne ou une entreprise, au Nigéria ou à l’étranger, participe, en sachant que des fonds ou des biens sont issus, en tout ou partie, du produit d’un acte illicite : 1) à la dissimulation ou au déguisement de leur origine, 2) à leur conversion ou à leur transfert, 3) à leur soustraction à la juridiction nationale, ou 4) à leur acquisition, leur utilisation, leur détention ou à la prise de possession ou de contrôle des dits fonds ou biens.
Ces actes illicites comprennent la participation à la criminalité organisée, le racket, le terrorisme et le financement du terrorisme, le trafic de drogues et de substances psychotropes, le trafic illicite d’armes et de biens volés, la contrefaçon et le piratage, les crimes contre l’environnement, la contrebande, les infractions fiscales et tout autre acte illégal au Nigéria, commis sur le territoire national ou ailleurs.
Typologie du blanchiment transfrontière de capitaux au Nigéria
Les produits d’activités criminelles sont de plus en plus souvent transférés d’un pays à l’autre, ce qui offre aux services répressifs – et aux administrations douanières en particulier – la possibilité d’intervenir pour saisir ces produits et/ou poursuivre les auteurs d’infractions pénales.
Le NCS s’intéresse tout particulièrement à deux types de mécanismes de blanchiment de capitaux et/ou de financement du terrorisme qui relèvent de la compétence des douanes, à savoir :
- Le déplacement physique illicite d’espèces et d’autres titres négociables : conformément aux recommandations du GAFI, la réglementation nigériane impose la déclaration à la douane des sommes en espèces ou des instruments négociables au porteur d’un montant supérieur à 10 000 USD ou son équivalent. Le non-respect de cette obligation de déclaration constitue une infraction pénale passible d’une confiscation et/ou d’une peine d’emprisonnement.
- Le blanchiment de capitaux basé sur le commerce (BCC) et le blanchiment de capitaux lié à des infractions principales transfrontières. Le BCC consiste à dissimuler les produits d’activités criminelles au moyen de transactions commerciales qui permettent de faire transiter les fonds et de légitimer leur origine illicite. Selon la définition du GAFI, le BCC utilise le commerce comme un moyen et non comme une fin en soi. Les acteurs qui y ont recours utilisent des documents frauduleux, falsifient les prix ou les quantités, passent par des sociétés écrans, utilisent des expéditions fictives, appliquent des prix de transfert et exploitent de manière abusive des systèmes de paiement qui échappent au contrôle de la Douane.
Structure du NCS pour la lutte contre le blanchiment de capitaux
Le NCS dispose d’une unité spécialisée qui est chargée de coordonner l’ensemble de ses activités de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Cette unité met en œuvre le système de déclaration des mouvements transfrontaliers d’espèces, détecte les activités relevant du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme et enquête à leur sujet, et assure la liaison en vue de la collaboration et de la coordination avec la cellule de renseignement financier (CRF), la police, les autorités fiscales et d’autres parties prenantes. En interne, elle sert de centre névralgique pour la lutte contre le blanchiment de capitaux et apporte aux services opérationnels le soutien nécessaire en termes de moyens et de coordination pour détecter et contrer les activités de blanchiment de capitaux.
Avec le temps, les agents de cette unité ont acquis une solide expertise dans la collecte de renseignements, le profilage des passagers, l’analyse des données du commerce et les techniques d’enquête, notamment grâce à l’utilisation d’outils de profilage en sources ouvertes et de traçage des actifs virtuels. Tous les agents suivent une formation initiale lors de leur affectation, ainsi qu’une formation continue en cours d’emploi. L’unité compte aujourd’hui plus de 100 agents ; ses activités sont coordonnées au siège, tandis que certaines, telles que la déclaration des espèces, sont décentralisées vers les postes-frontières.
Cette unité spécialisée mène les activités suivantes :
- Gestion des déclarations et des rapports relatifs aux espèces : les agents de l’unité sont formés et affectés à la gestion du système de déclaration des espèces à des points clairement désignés au sein de la zone douanière, dans différents postes-frontières. Dans le cadre de sa modernisation, le NCS a adopté un processus de déclaration automatisé. Les agents de l’unité sont formés pour aider en cas de besoin les voyageurs qui transportent des espèces ou des instruments négociables au porteur d’un montant supérieur au seuil légal à scanner le code QR et à remplir la déclaration. Ce système s’applique également aux envois acheminés par les opérateurs postaux et les transporteurs express.
- Analyses des mouvements transfrontaliers d’espèces et rapports de renseignement : le NCS gère un centre automatisé de surveillance des opérations de change depuis son siège. Il analyse en temps réel toutes les déclarations et les listes de passagers afin de générer des informations stratégiques et de soutenir les opérations sur le terrain. Des outils d’analyse, tels que Microsoft Power BI, permettent de générer des rapports ciblés qui mettent en évidence les tendances et les niveaux de risque liés aux itinéraires, aux transporteurs et aux destinations associés aux infractions de blanchiment de capitaux. Dans ces rapports, sont analysés la fréquence des déplacements, les antécédents de non-respect des règles, les liens avec des blanchisseurs de capitaux et les casiers judiciaires.
- Analyse des informations préalables sur les passagers (API) : le système API nigérian, géré par le service de l’immigration, fournit des informations préalables sur les déplacements des voyageurs, ce qui permet à la Douane d’identifier et d’arrêter avec une plus grande précision les voyageurs potentiels figurant sur une liste de surveillance. Ce système peut également être utilisé par les autres services répressifs qui y ont été autorisés.
- Transmission des déclarations d’opérations ou d’activités suspectes à la CRF et utilisation des renseignements financiers : l’unité assure la liaison en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en coordonnant le partage de renseignements, la formation et les autres interactions avec la CRF.
- Analyse des cas présumés de BCC signalés par les bureaux locaux, notamment les fausses factures, les expéditions fictives, les détournements et les expéditions illicites.
- Gestion et coordination des dossiers relatifs aux infractions de blanchiment de capitaux liées à la criminalité transfrontière, par exemple la contrebande, les crimes contre l’environnement et le trafic de stupéfiants : l’unité conseille les services concernés sur la gestion des interceptions et des saisies de grande envergure et veille à la conduite d’enquêtes financières intégrées en matière de blanchiment de capitaux. Des succès ont été enregistrés s’agissant notamment du trafic illicite d’espèces sauvages vers l’Asie transitant par les ports nigérians. Les affaires de trafic de stupéfiants sont généralement transmises à l’agence de lutte contre les stupéfiants.

Lutte du NCS contre le blanchiment de capitaux et retrait du Nigéria de la liste grise du GAFI
Alors que le Nigéria figurait sur la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée du GAFI (ou « liste grise »), le programme de lutte contre le blanchiment de capitaux du NCS a bénéficié du soutien de plusieurs organismes internationaux, notamment le GAFI, l’OMD et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Grâce à cette collaboration, les agents ont bénéficié de conseils pour la mise à jour des procédures opérationnelles standard et ont pu se coordonner en interne et collaborer avec d’autres organismes.
Le Secrétariat de l’OMD a apporté son soutien au NCS dans le cadre des activités menées au titre des projets OCTAGON et TENTACLE. Le NCS, membre clé du projet OCTAGON, participe également à des évaluations par les pairs et se prépare actuellement à accueillir une mission de mentorat de l’OMD au cours de laquelle des experts de l’OMD examineront les activités de l’unité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et la conseilleront sur la manière d’améliorer encore ses processus et ses pratiques.
Le NCS a soutenu la réforme de la lutte contre le blanchiment de capitaux au Nigéria et y a fortement contribué en renforçant les cadres légaux et réglementaires douaniers, en menant à bien l’évaluation nationale des risques et en mettant en œuvre des mesures clés prévues dans le plan d’action pour des résultats immédiats du Groupe d’examen de la coopération internationale du GAFI.
Plus précisément, la Douane a piloté la mise en œuvre des mesures relatives au régime de déclaration des espèces lors des passages de frontière :
- Une évaluation approfondie des risques de blanchiment de capitaux a été réalisée, avec un profilage des postes-frontières. Il en est ressorti que les aéroports internationaux présentaient un risque élevé de mouvements d’argent liquide, tandis que les frontières terrestres et les ports maritimes étaient exposés au BCC. Ce classement permet de définir les priorités lors du déploiement du personnel qualifié et les mesures à prendre.
- Les procédures opérationnelles standard ont été revues et mises à jour afin de clarifier les rôles, les fonctions et les responsabilités des services et du personnel. Cette révision a permis de lever les doutes, les incertitudes et les excès qui compliquaient auparavant l’application de la loi, les enquêtes et les poursuites.
- Du matériel d’inspection non intrusive a été mis en place pour le contrôle systématique des bagages et du fret aux frontières.
- En 2025, le NCS a mis en place un système de déclaration électronique des espèces afin de corriger certaines lacunes, telles que les retards liés au traitement manuel. Ce système a permis de réduire considérablement les délais de traitement, d’améliorer la fiabilité et de gagner en efficacité.
- La formation spécialisée sur le blanchiment de capitaux, destinée aux agents de première ligne et aux autres services, porte sur le profilage des passagers, la collaboration et les techniques d’enquête.
- Des campagnes de sensibilisation ont été menées pour informer le public des réglementations en vigueur et des peines applicables, au moyen d’affiches, de jingles et de diverses actions dans les médias.
Comme attendu, ces efforts ont porté leurs fruits et les résultats ont été remarquables : les déclarations d’espèces ont augmenté de plus de 120 % de 2024 à 2025, et on n’a recensé qu’environ 18 infractions à l’obligation de déclaration en 2025.
Les passeurs dissimulent généralement l’argent liquide dans leurs bagages à main ou dans leurs valises. Nous avons choisi deux affaires intéressantes pour illustrer notre façon de travailler. La première concerne une ressortissante nigériane qui revenait du Moyen-Orient et qui avait été inscrite sur une liste de surveillance sur la base de renseignements opérationnels. Le système API a suivi son parcours et, dès son arrivée au Nigéria, ses déplacements ont été étroitement surveillés. Bien qu’un agent des douanes lui ait rappelé qu’elle devait faire une déclaration si elle transportait plus de 10 000 USD ou l’équivalent, elle a dit n’avoir rien à déclarer. Après le contrôle de sécurité obligatoire, la voyageuse a été soumise à une fouille approfondie, au cours de laquelle des liasses de billets de différentes devises, soigneusement emballées dans de la cellophane et représentant un montant total de 1 154 USD et 135 900 SAR (environ 9 659 USD), ont été découvertes dissimulées parmi des dattes dans ses bagages à main.
L’autre affaire concerne un passager en partance pour l’Europe dont le comportement lors du contrôle de son bagage à main était apparu suspect. Au cours de la fouille approfondie du bagage, les douaniers ont découvert des liasses de billets enveloppées dans des pochettes et dissimulées dans différents compartiments, pour un montant total d’environ 800 000 USD et 650 000 EUR.
Dans tous les cas détectés par la Douane, des enquêtes sont menées en bonne et due forme et les peines vont de la confiscation pure et simple des biens en question à une éventuelle peine d’emprisonnement. Dans les deux affaires mentionnées, les suspects ont été poursuivis et condamnés et les fonds ont été intégralement confisqués au profit du gouvernement fédéral du Nigéria, conformément aux dispositions applicables de la loi sur le blanchiment de capitaux.
Enquête sur le financement des infractions principales et sur la destination des produits d’activités criminelles
Avec ses opérations de surveillance et de répression, le NCS perturbe le commerce illicite qui constitue une infraction principale servant au blanchiment transfrontière de capitaux. Ces opérations, encouragées par l’OMD, portent sur les activités illicites liées au trafic d’espèces sauvages, aux stupéfiants et aux drogues.
Le blanchiment de capitaux et la criminalité liée aux espèces sauvages
Dans le cadre d’une affaire de trafic d’espèces sauvages, le NCS a dirigé un groupe de travail interservices qui a démantelé un réseau criminel transfrontière. Des marchandises illicites ont été saisies, des criminels ont été arrêtés, poursuivis et condamnés et leurs biens ont été confisqués. Le réseau falsifiait les documents douaniers d’exportation, en qualifiant des espèces sauvages protégées de « poisson séché » et de « gingembre » et recourait à des sociétés écrans enregistrées en tant qu’exportateurs de produits agricoles et de fruits de mer. Ses membres avaient créé des sociétés écrans (des entités sans activité réelle, servant à dissimuler l’identité des propriétaires) et transféré des fonds au moyen de virements internationaux, de virements bancaires et d’opérateurs de bureaux de change. Ils ont également blanchi des capitaux en achetant des biens immobiliers au Nigéria et à l’étranger.
Le blanchiment de capitaux et le trafic de drogues transfrontière
Dans le même ordre d’idées, les agents suivent la piste de l’argent lors de toutes les saisies de drogue. Les infractions liées à la drogue et aux stupéfiants constituent un grand risque selon l’évaluation nationale des risques en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux au Nigéria, ce qui explique pourquoi des enquêtes financières intégrées sont menées dans toutes les affaires de drogue. Le NCS joue un grand rôle dans la détection et la saisie de ces substances illicites lors des contrôles aux frontières et apporte son soutien à l’Agence nationale de lutte contre le trafic de stupéfiants (NDLEA) qui mène des enquêtes, engage des poursuites et procède au recouvrement des avoirs. Parmi les modes opératoires observés, on peut citer la dissimulation de stupéfiants dans des véhicules d’occasion et des objets ménagers (meubles, ustensiles de cuisine, etc.), la falsification des documents d’importation, ainsi que le recours à des sociétés écrans et à des sociétés fictives pour brouiller les pistes et échapper à la détection.
Blanchiment de capitaux basé sur le commerce
Le blanchiment de capitaux basé sur le commerce (BCC) présente de nombreuses similitudes avec d’autres infractions qui exploitent le système commercial, telles que la fraude douanière ou le contournement des sanctions commerciales. Les criminels y ont parfois recours en même temps qu’à d’autres formes de fraude, et il est donc difficile de les repérer. En outre, le BCC peut reposer sur n’importe quel type de produit et ceux qui y ont recours utilisent des techniques très variées. L’une des difficultés que les services douaniers rencontrent réside donc dans le manque de sensibilisation et de compétences pour détecter des infractions qui ne relèvent pas de la simple fraude mais, potentiellement, du blanchiment de capitaux. Le NCS en a pris conscience et travaille en permanence à renforcer les capacités de ses agents de terrain et à les sensibiliser afin qu’ils signalent les cas suspects en vue d’un examen et d’une enquête. Dans une affaire portée à l’attention de l’unité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme du NCS par les autorités portuaires, l’enquête a révélé que de simples outils mécaniques et dispositifs de signalisation avaient fait l’objet d’une surfacturation scandaleuse et que les acteurs concernés avaient utilisé des sociétés écrans pour effectuer les paiements liés à l’importation (de manière systématique pour toutes les importations) vers une société écran tierce (qui n’était pas le véritable fournisseur des marchandises) et vers une juridiction à haut risque en matière de blanchiment de capitaux.
En résumé, pour lutter efficacement contre le BCC, il faut sensibiliser les agents de première ligne aux techniques de blanchiment de capitaux. Il sera également essentiel d’améliorer l’analyse des données. Afin d’évaluer les risques potentiels de blanchiment de capitaux, il faut passer en revue et actualiser les systèmes de gestion des risques douaniers afin d’y intégrer les renseignements financiers qui permettront d’interpréter les données douanières et commerciales.
Difficultés rencontrées
Voici quelques-unes des difficultés rencontrées par le NCS dans la lutte contre le blanchiment de capitaux transfrontière.
- Fragmentation des informations entre la Douane, les institutions financières et les autres services répressifs : si la Douane détient les données commerciales, les registres des transactions correspondantes sont conservés (hors de la vue de la Douane) par des institutions financières qui ne voient pas les marchandises. D’autres services répressifs nationaux disposent également de dossiers sur les infractions principales, mais ceux-ci échappent eux aussi souvent à la Douane – ils sont rarement communiqués en raison de politiques de partage d’informations très restrictives.
- Des mandats réglementaires inadéquats ou qui se chevauchent entre certaines autorités entraînent parfois des rivalités et un manque de clarté quant aux mesures à prendre. Les accords de coopération et les mécanismes d’enquête conjoints pour les affaires faisant intervenir plusieurs services contribueront à renforcer l’efficacité.
- L’exclusion financière d’une partie de la population et le recours à des systèmes de paiement informels par les commerçants du secteur informel : il arrive que la Douane ne parvienne pas à trouver le mouvement de fonds correspondant à une opération commerciale. Il faut donc réduire l’économie informelle et le recours à des prestataires de services informels afin d’atténuer les risques. Il convient de poursuivre et d’étendre les efforts que la Banque centrale du Nigéria déploie pour tirer parti de l’essor et de l’acceptation des plateformes de paiement numériques afin de couvrir les transactions commerciales transfrontières dans la région.
- La prévalence de la pauvreté et le taux de chômage élevé au sein des communautés rurales transfrontalières poussent les jeunes à se laisser exploiter par les réseaux criminels, notamment ceux qui se spécialisent dans le blanchiment de capitaux.
- Les contraintes financières qui entravent l’acquisition d’outils et de plateformes technologiques de pointe, tels que les drones destinés à la surveillance des activités se déroulant dans des zones géographiques isolées ou très étendues.
Perspectives
La lutte contre le blanchiment de capitaux est un effort de longue haleine. L’un des axes d’action recensés par le NCS pour gagner en efficacité dans ce domaine consiste à renforcer la collaboration et la coordination avec la CRF. La coopération internationale avec les administrations douanières homologues aux fins de la coordination du partage des renseignements et de la répression sera également très utile. En interne, le NCS devra envisager d’intégrer dans son système automatisé de gestion des risques liés au fret des méthodes utilisées pour lutter contre les flux financiers illicites, telles que la méthode du filtre de prix qui permet de repérer les fausses factures. Il devra aussi s’attacher à sensibiliser davantage ses agents de terrain aux activités suspectes qui vont au-delà de la simple fraude commerciale, des infractions fiscales et du recouvrement, et touchent au blanchiment de capitaux.
En savoir +
salihu.safiyanu@customs.gov.ng
[1] Cette liste recense les pays qui travaillent activement avec le GAFI pour remédier aux déficiences stratégiques de leur régime de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Lorsque le GAFI place une juridiction sous surveillance renforcée, cela signifie que le pays s’est engagé à résoudre rapidement les déficiences stratégiques recensées dans les délais convenus et qu’il est soumis à une surveillance renforcée. Cette liste est souvent appelée « liste grise » à l’extérieur. Source: https://www.fatf-gafi.org/fr/countries/liste-noire-et-liste-gris.html (page consultée le 22 avril 2026).