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Contrôle de l’aviation générale : l’outil cartographique de l’OMD bientôt finalisé

Début 2019, l’OMD lançait, en partenariat avec l’Union européenne, le projet COLIBRI afin d’aider les administrations douanières en Amérique latine, aux Caraïbes et en Afrique à mettre en œuvre des contrôles efficaces sur l’aviation générale, un secteur qui regroupe toutes les activités aériennes civiles autres que le transport commercial (aviation sportive ou de loisir, aviation privée, aviation d’affaires et travail aérien).

À l’origine du projet, un constat : d’une part, les flexibilités qu’offre ce mode de transport sont exploitées par le crime organisé, et, d’autre part, il est très difficile pour les services répressifs de repérer un usage illicite des aéronefs sans avoir accès à des données de qualité et en temps réel, et sans avoir recours à des outils performants de géolocalisation des appareils.

Les concepteurs du projet ont donc prévu le développement d’un outil cartographique associé à une base de données mondiale dédiée à l’aviation générale. Ce géoportail est désormais entré dans sa phase de développement et devrait être lancé fin 2020 en quatre langues (anglais, français, espagnol et portugais).

L’identification des informations à répertorier sur les aéronefs et des besoins des diverses agences de lutte contre la fraude a été réalisée au sein d’un « Comité de pilotage » qui réunit l’équipe du Secrétariat de l’OMD en charge du projet, les experts nationaux venant des douanes et d’autres administrations partenaires (police judiciaire, service anti-narcotiques et aviation civile) et les développeurs informatiques du Consortium d’entreprises françaises spécialisées en cartographie ayant remporté l’appel d’offres relatif à la construction de l’outil.

Clef de la réussite du projet, ce travail collaboratif a permis de déterminer les besoins réels des agents de terrain dans les zones concernées, d’identifier les différentes contraintes techniques, organisationnelles et humaines, de définir les fonctionnalités techniques et, enfin, de dessiner les contours de ce à quoi devrait ressembler l’outil, y compris dans sa version mobile. Le géoportail a désormais pris forme dans l’esprit de chacun des participants au Comité de pilotage et le produit final promet d’offrir une technologie nouvelle et performante, accessible sur tout appareil, quel que soit le pays.

Le système consistera en un portail principal qui affichera des informations pertinentes sur l’aviation générale (images, articles, actualités par exemple) et qui permettra d’accéder à un espace sécurisé réservé à des utilisateurs spécifiques. Les divers outils seront construits sur une base technique Open Source avec un niveau de sécurité optimal.

Page d’accueil du géoportail COLIBRI

L’un des outils est une visionneuse cartographique qui présentera l’ensemble des données sur un fond de plan (Open Street Map, images satellites Sentinel, par exemple). Parmi ces données figureront notamment des informations sur des événements pertinents rapportés dans les médias ou toutes sources ouvertes, des données géographiques publiques et des événements relatifs à des contrôles ou à des saisies qui seront, eux, rapportés par les pays. L’affichage des données pourra être paramétré pour définir une zone particulière, par exemple un aérodrome, et des filtres permettront de choisir précisément les informations à afficher, le tout pouvant ensuite être imprimé ou exporté pour préparer une mission sur le terrain par exemple.

La base de données internationale répertoriera chaque avion avec une fiche technique qui comprendra son immatriculation, ses caractéristiques et un historique des contrôles effectués. Elle permettra ainsi de suivre l’historique des contrôles d’un avion à partir de son immatriculation.

Page d’accueil de la base de données COLIBRI

L’application mobile, conçue principalement pour les agents de terrain, n’offrira pas toutes les fonctionnalités du système mais permettra d’entrer des données géolocalisées, et notamment des photos, dans la base de données COLIBRI. Cette application sera disponible en mode hors ligne, c’est-à-dire sans accès à un réseau mobile ou WIFI, afin que les agents puissent enregistrer des données sur leur appareil où qu’ils se trouvent et les transmettre à la base de données plus tard, une fois l’accès à un réseau rétabli. L’interface étant simple et intuitive, la formation à l’outil sera courte.

Chaque pays participant au projet aura en charge sa propre gestion du système et pourra ainsi décider de partager ses informations au niveau souhaité (national, régional, mondial). L’échange d’informations sur les infractions sera en outre réalisé selon le respect des accords bilatéraux de coopération douaniers, policiers ou judiciaires.

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enforcement@wcoomd.org