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Près de 1000 douaniers ont déjà bénéficié du Programme de bourses de l’OMD

Depuis son lancement en 1985, le Programme de bourses de l’OMD a vu se succéder 80 sessions, permettant à 950 participants provenant de 143 Administrations douanières de pays en développement d’acquérir des connaissances solides sur les techniques et pratiques douanières reconnues à l’échelon international et de renforcer leurs capacités d’encadrement afin de faire avancer les efforts de modernisation de leurs administrations. Ces dernières, conscientes des retombées plurielles de ce programme, sont chaque année plus nombreuses à vouloir y participer.

Les administrateurs du programme ont, au cours des années, cherché à l’améliorer en proposant une formule davantage en adéquation avec les préoccupations et besoins des administrations ciblées. Ils ont notamment mis l’accent sur :

  • le développement des capacités de leadership afin de doter les boursiers des connaissances, méthodes et processus pouvant les aider à devenir des gestionnaires réactifs et de vrais acteurs du changement au sein de leurs administrations.
  • la pertinence du travail de recherche que les boursiers doivent entreprendre sous la tutelle d’un expert du Secrétariat de l’OMD afin que ce travail porte sur un domaine prioritaire pour leur administration ou sur un outil ou des normes de l’OMD particulièrement importants (par exemple, les méthodes d’analyse des données, les normes relatives au commerce électronique…).
  • la participation féminine qui, sur l’ensemble des 35 années, approche les 40%.
  • la participation d’un maximum de pays et notamment celle de pays n’ayant jamais bénéficié du programme auparavant (l’Iran et le Timor Leste, par exemple, ont eu récemment l’opportunité de participer pour la première fois au Programme de bourses).
  • le suivi de la mise en œuvre des recommandations préconisées dans les projets de recherche des boursiers par le biais d’une enquête faisant le point sur l’impact du programme sur les administrations un an après leur participation.

Arrêtons-nous un instant sur ce dernier point. Le questionnaire envoyé systématiquement un an après la participation au programme permet aux administrations bénéficiaires et au Secrétariat d’évaluer l’impact du Programme en termes de mise en œuvre des recommandations du travail de recherche et d’évolution de la carrière des boursiers.

Brendah Mundia, Directrice adjointe en charge du renforcement des capacités au Secrétariat de l’OMD, avait participé au Programme de bourses en 2004. Son projet de recherche portait sur la Convention de Kyoto Révisée et elle explique : « de retour dans mon administration, j’ai donc dirigé le travail préparatoire à l’accession de la Zambie à la Convention, ce qui sera chose faite en 2006. La direction de ce projet et de nombreux autres m’a permis de gravir les échelons au sein de mon administration. »

L’analyse des résultats des enquêtes réalisées sur les trois sessions menées durant l’exercice 2017-2018 a révélé que :

  • 86 % des sondés estiment que les boursiers contribuent efficacement à la modernisation de leur administration.
  • la mise en œuvre des recommandations a été finalisée dans 21 % des administrations et qu’elle est en cours dans les autres.
  • dans 93% des cas, le boursier ou la boursière contribue à la mise en œuvre ou au suivi des recommandations élaborées avec le tuteur de l’OMD.
  • une large majorité des administrations (93%) reconnaît que la participation au Programme de bourses de l’OMD a ou aura une influence incontestable sur la future carrière du boursier ou de la boursière.

Yankuba Darboe, Commissaire général au sein de l’Autorité fiscale de Gambie, fut boursier en 2008. Interrogé sur son parcours, il déclare : « quelques mois après mon retour, j’étais chargé de la gestion du service de l’évaluation en douane. En 2012, j’étais nommé Commissaire général adjoint de l’Autorité fiscale de Gambie et, en 2015, Commissaire général. Les connaissances acquises lors de mon séjour à l’OMD et la prise de conscience notamment de ce qu’est le leadership et l’encadrement m’ont certainement aidé dans mon parcours et m’aident encore aujourd’hui. »

Autre témoignage, celui de Dicksons C. Kateshumbwa, ancien Directeur général de la Douane d’Ouganda et Président du Conseil de l’OMD : « dès mon retour en 2011, j’ai rassemblé l’équipe d’audit douanier que je dirigeais alors pour que nous développions collectivement une nouvelle vision et une mission pour notre service. Cela a révolutionné notre façon de travailler et nous a permis de nous distinguer au sein de l’administration. Quatre ans plus tard, en 2015, j’étais nommé directeur général de la Douane, une administration dynamique qui a, sous ma direction, mis en œuvre avec succès plus de 13 réformes majeures.»

La mise en œuvre du programme requiert des moyens. Le transport, le logement et les frais des boursiers et des formateurs qui les encadrent sont pris en charge par le Secrétariat  grâce au soutien généreux de donateurs.[1] Sans eux, pas de programme et pas de résultats. Les contributions ne sont pas que financières, certaines administrations accueillent les boursiers lors du voyage d’étude qui clôture le programme, leur permettant d’observer les pratiques douanières de pointe en situation réelle.

Les bénéfices croisés du développement des qualités individuelles des boursiers, de leurs compétences professionnelles et de leur projet de modernisation sont les déterminants du succès et de la longévité de ce programme. L’intérêt croissant des administrations douanières des pays en développement pour le Programme de bourses témoigne de son influence incontestable sur la carrière des participants et le parcours de modernisation de l’administration. Les répercussions de ce qui peut être considéré comme un véritable investissement dépassent le simple accroissement de la performance individuelle et organisationnelle, les anciens boursiers s’estimant en majorité plus à même de faire face à des situations extrêmes et inattendues, comme la pandémie actuelle de COVID-19.

Yvener Neptune, Acteur de changement au sein de la Douane haïtienne et boursier en 2018, explique : « grâce au Programme de bourses de l’OMD, j’ai appris à ne pas baisser les bras devant l’adversité, mais à transformer les défis en opportunités. Chacune de mes actions est mue par une même ambition : construire une douane meilleure. » C’est à lui que revient le mot de la fin : « la participation au programme a ravivé en moi l’espoir d’un lendemain meilleur pour notre communauté. Longue vie à ce programme ! »

En savoir plus
capacity.building@wcoomd.org

[1] Les donateurs actuels du programme sont : le Ministère de l’Economie et des Finances de la République de Corée et les administrations du Japon, de la France et de la République Populaire de Chine. Dans le passé, les autres contributeurs financiers étaient : la Belgique, la Suisse, le Canada, les Pays-Bas, le Commonwealth, la Suède, la Norvège et le Royaume-Uni.