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Panorama

La Douane du Vanuatu face au cyclone Pam

Par John Sala, Directeur-adjoint de la Douane, Département de la douane et de la fiscalité intérieure du Vanuatu

Tard dans la soirée du 13 mars 2015, le cyclone Pam s’est abattu sur le Vanuatu avec des rafales de vent atteignant 320 kilomètres/heure, causant des dégâts généralisés dans tout l’archipel situé dans le sud de l’océan Pacifique. Pam s’est révélé être le cyclone subtropical le plus dévastateur que l’hémisphère Sud ait jamais connu et la pire catastrophe naturelle dans l’histoire du Vanuatu. Onze personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres ont été blessées. Plus de 200 maisons ont été complètement détruites et près de dix mille personnes se sont retrouvées sans abri.

Le Département de la douane et de la fiscalité intérieure (DCRI) du Vanuatu a tout de suite réagi en aval du passage de ce cyclone destructeur, sur la base de ses propres plans stratégiques et tactiques de gestion des risques. Le DCIR fait partie intégrante du Centre national des opérations d’urgence (NEOC) créé en 2012, dans la ville-capitale de Port Vila, au sein du Bureau national de gestion des catastrophes naturelles (NDMO), le service national de coordination des réponses aux situations d’urgence associées aux catastrophes naturelles. Avant que le cyclone ne frappe le pays, une série de réunions avaient été organisées avec le NEOC afin de coordonner les activités de préparation et de réponse de la douane et d’autres services frontaliers impliqués au premier chef dans la chaîne logistique.

Lorsque le cyclone a atteint l’archipel, la Douane a participé à la réunion du Conseil des ministres, afin d’apporter ses conseils sur les stratégies et les différentes possibilités s’offrant aux autorités. Après le passage du cyclone, l’état d’urgence a été décrété par le chef de l’État et le ministre chargé du changement climatique, appelant une mainlevée rapide des envois de secours entrant au Vanuatu en réponse à cette catastrophe naturelle. Une fois la déclaration sur l’état d’urgence reçue, la Douane s’est mobilisée pour être présente à l’aéroport international de Bauerfield afin de faciliter l’arrivée d’avions militaires C-17 et d’accélérer la mainlevée des marchandises. La Douane a également participé à de nombreuses réunions de coordination avec les agences locales et internationales d’aide humanitaire telles que la Croix-Rouge, World Vision, Save the Children et Oxfam International, ainsi qu’avec les compagnies de transport de fret maritime et aérien telles que DHL et South Seas Shipping.

Malgré tout, de nombreux défis ont dû être relevés : deux véhicules douaniers avaient été endommagés, causant des retards dans les opérations ; les rues étaient jonchées de débris tels que des troncs d’arbres ou des pans de bâtiments détruits, crevant les pneus des quelques véhicules disponibles ; enfin, les pénuries de carburant dans tout le pays ont limité le recours au parc automobile en général. Par ailleurs, la Douane et les autres services ont rencontré des difficultés avant de pouvoir réagir comme conséquence de la panne des systèmes de communication causée par le cyclone. La douane a dû ainsi revenir à des procédures manuelles afin d’assurer le dédouanement sans encombre des marchandises. Tous les dossiers ont été conservés sous format papier jusqu’à ce que les systèmes soient reconnectés, deux semaines après le passage du cyclone.

Plus de 1 000 tonnes de matériel et de fournitures de secours ont atterri au Vanuatu durant et après la période d’état d’urgence. Parmi ceux-ci, signalons l’envoi de bâches, de tentes, de tronçonneuses, de matériel de construction, de graines pour l’agriculture, d’outils et de matériel pour l’ensemencement, de denrées alimentaires, de trousses sanitaires et hygiéniques, d’eau, de réservoirs d’eau. Malgré l’absence d’un protocole d’accord, de bonnes relations de travail ont été établies de façon informelle entre la Douane et d’autres acteurs clés sur le terrain tels que le Bureau national de gestion des catastrophes naturelles (NDMO).

Conformément à la réglementation sur les droits à l’importation, le Directeur de la Douane avait délégué certains pouvoirs au Directeur du NDMO afin de permettre la mainlevée rapide des envois de secours. La Douane acceptait la soumission de justificatifs de commande et de manifestes pour effectuer le dédouanement. Toutefois, s’il était avéré que les marchandises avaient été utilisées à d’autres fins que l’aide humanitaire, elle exigeait que l’importateur se soumette à la procédure normale de dédouanement et paie les droits de douane dus au gouvernement.

Toutes les mainlevées accordées aux envois de secours ont fait l’objet de rapports de suivi auprès du NMDO afin de faciliter les plans de distribution et le suivi des envois de secours. La réglementation dans ces circonstances autorisait le Directeur du NDMO à conserver les données des importations des envois de secours.

Compte tenu de l’expérience du Vanuatu, il est recommandé que la Douane, en tant que chef de file des services présents aux frontières, signe un protocole d’accord avec les autres institutions pertinentes, telles que le NDMO, de sorte que toutes les parties prenantes soient mieux préparées face à toute situation d’urgence future et afin d’atténuer les défis que comportent de telles catastrophes naturelles à l’avenir.

Un tel protocole permettrait de clarifier les responsabilités de chacun des services, de définir leurs rôles et missions, d’établir qui rapporte à qui, etc. Des efforts supplémentaires doivent également être fournis afin de s’assurer que des mécanismes de coopération sont en place et qu’un esprit d’équipe règne entre le personnel des différents services, ce qui permettra de coordonner efficacement les opérations et de faire en sorte que les secours sont distribués en un temps minimal aux personnes affectées.

 

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