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L’OMD redouble d’efforts pour promouvoir l’égalité hommes-femmes et la diversité

Par Johanna Törnström, chargée de projet, Direction du Renforcement des capacités de l’OMD

Selon une enquête de l’OMD menée en 2016 et à laquelle ont répondu quelque 60 Membres, environ 36 % des fonctionnaires employés dans les administrations des douanes sont des femmes, les pourcentages variant entre 8 % et 60 % selon les pays. Les résultats montrent, par ailleurs, qu’en moyenne, près de 30 % des postes de cadres supérieurs sont occupés par des femmes. Sur le plan de l’égalité de représentation des sexes dans les douanes, la situation peut donc encore être améliorée.

La promotion de l’égalité hommes-femmes et de la diversité au sein de la Douane n’est pas seulement une question de droits fondamentaux : elle constitue une condition sine qua non pour l’établissement d’administrations efficaces, capables de s’adapter aux rapides changements imposés par la mondialisation et la société moderne. Consciente de cette réalité, l’OMD a redoublé d’efforts pour promouvoir l’égalité hommes-femmes et la diversité parmi ses Membres en lançant une série d’initiatives en 2017.

Égalité hommes-femmes au sein des administrations

La Douane peut jouer un rôle actif dans la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, en encourageant, par exemple, l’égalité des chances dans le recrutement ou dans le développement de carrière et en améliorant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée à travers des horaires de travail plus souples. Bien que de nombreuses administrations aient déjà réalisé d’importants progrès pour arriver à une représentation plus équilibrée entre les sexes, les femmes tendent encore à être cantonnées dans les mêmes fonctions professionnelles, comme le soutien administratif ou le travail de bureau, alors que les hommes sont plus fréquemment employés dans des postes d’encadrement et pour des fonctions liées à la lutte contre la fraude et au travail de terrain.

Il est possible d’améliorer la donne en évaluant le processus de recrutement et les conditions de travail sous une perspective sexospécifique, en se penchant, par exemple, sur la façon dont les annonces de postes vacants sont formulées, sur les facilités octroyées et sur les exigences posées pour les différents postes. Cela dit, la promotion de l’égalité entre hommes et femmes va au-delà de l’égalité de représentation. Pour garantir un changement pérenne, les organisations doivent faire preuve d’un engagement concret et continu dans ce domaine afin de garantir que l’égalité hommes-femmes soit prise en compte dans les mesures quotidiennes, de la politique de communication aux ressources humaines, et dans les relations avec les partenaires externes.

Afin d’encourager une telle démarche, l’OMD a lancé en 2017 un Groupe de travail virtuel sur l’égalité hommes-femmes et la diversité, groupe qui est composé à l’heure actuelle de représentants de quelque 20 administrations. À travers la plateforme CLiKC! de l’OMD, les membres du Groupe de travail partagent leurs expériences, leurs documents et présentations et rassemblent les exemples de bonnes pratiques. Ils discutent également de la façon d’utiliser et d’appliquer l’outil d’évaluation organisationnelle en matière d’égalité entre les sexes (GEOAT de son acronyme anglais) lancé en 2013 et qui fournit des orientations sur la manière d’évaluer les politiques et les pratiques sous une perspective sexospécifique. Les réunions organisées jusqu’à présent ont été l’occasion de traiter des diverses thématiques abordées dans le GEOAT, telles que les questions de ressources humaines, de développement de carrière, l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et les relations avec les parties prenantes.

Le Secrétariat de l’OMD a commencé à rassembler des exemples de bonnes pratiques dans le but d’élaborer un recueil qui viendra compléter le GEOAT. Ces pratiques portent pour l’instant sur l’élaboration de plans d’action pour l’égalité entre les sexes et la diversité (Finlande, Suède, États-Unis), l’application des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes à travers des commissions ou des départements spécialisés (Éthiopie, Vietnam), le recrutement de fonctionnaires spécifiquement chargés des questions d’égalité hommes-femmes (Allemagne, Guatemala) et sur des mesures spécifiques comme la prévention du harcèlement sexuel (Inde, Swaziland) ou la promotion de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (Indonésie).

En outre, le Secrétariat a commencé à élaborer une formation qui s’organise en deux volets : le premier est un atelier d’une semaine ciblant les cadres moyens et supérieurs des douanes et se centrant sur la manière d’appliquer le principe d’égalité hommes-femmes aux fonctions d’encadrement ; le deuxième est un module e-learning qui s’adresse à tous les douaniers afin de les sensibiliser aux questions d’égalité hommes-femmes et leur explique comment prendre cette considération en compte dans les pratiques quotidiennes. Le développement de la formation est financé par le Programme II de la Finlande pour l’Afrique orientale et australe (AOA) qui cible avant tout les pays de la région. Cependant, une fois élaboré, le matériel de formation sera mis à la disposition de tous les Membres et le module e-learning sera accessible à tous, via la plateforme CLiKC!.

Maximiser le potentiel des femmes dans le commerce

Selon un rapport du Centre du commerce international (ITC) de 2015 basé sur les données de 20 pays en développement, les entreprises dirigées par des femmes sont davantage susceptibles de rencontrer des obstacles au commerce. Parmi ceux-ci, on dénombre le manque d’accès au financement, aux réseaux d’entreprise formels et aux informations sur le marché, ainsi qu’une plus grande probabilité de se voir imposer des mesures non tarifaires. Un autre rapport de la Banque mondiale de 2011, qui présente les résultats d’une enquête menée dans la région des Grands Lacs en Afrique, montre que les femmes commerçantes méconnaissent plus fréquemment leurs droits et les règlementations et procédures qui régissent les échanges. De plus, elles sont souvent confrontées à des difficultés supplémentaires, comme la corruption ou le harcèlement sexuel.

Il convient de mentionner qu’en décembre 2017, une Déclaration conjointe sur le commerce et l’autonomisation économique des femmes a été avalisée par 118 États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Cette déclaration de l’OMC reconnaît l’importance de politiques commerciales inclusives et soucieuses de l’égalité hommes-femmes pour assurer un développement durable. En outre, elle souligne l’importance de promouvoir les femmes entrepreneures et de soutenir leurs activités commerciales et appelle à l’élimination des obstacles qui leur sont imposés.

La Douane peut jouer un rôle important pour soutenir l’autonomisation des femmes, et générer ainsi un impact positif sur l’économie dans son ensemble. En consultant une large palette de partenaires externes, dont les associations professionnelles des femmes, en tenant compte tout particulièrement de leurs besoins en matière de sûreté par exemple, et en fournissant aux femmes des informations claires et transparentes sur les régimes douaniers, les administrations peuvent faciliter de manière constructive leur participation au commerce international.

Cet aspect est d’ailleurs abordé dans le GEOAT qui fournit des exemples concrets de la manière dont les douanes peuvent améliorer leurs procédures en tenant spécifiquement compte des besoins des femmes entrepreneures. À cet égard, l’accent accru que met l’OMD sur l’égalité hommes-femmes fait écho à son thème pour 2018, « un environnement commercial sûr au service du développement économique », qui encourage les Membres de l’OMD à construire un environnement qui soit tout à la fois habilitant, sûr, juste et durable pour tous les opérateurs commerciaux.

Participer au débat

Lorsque le Secrétariat de l’OMD a présenté ses dernières initiatives sur l’égalité hommes-femmes et la diversité à l’occasion du Comité du renforcement des capacités de l’OMD en mars 2018, les participants se sont montrés particulièrement intéressés par cette question. Le Secrétariat aimerait donc encourager les administrations à faire usage de l’outil d’évaluation organisationnelle GEOAT, à suivre de près les travaux du Groupe de travail virtuel sur l’égalité hommes-femmes et la diversité, et, pourquoi pas, à y participer.

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johanna.tornstrom@wcoomd.org