Panorama

La Douane danoise déploie un drone sous-marin

Par Thomas Petersen et Bo Damggard Nielsen, Équipe des fouilles, Douane danoise

L’utilisation de méthodes de dissimulation sophistiquées par les trafiquants exige que les administrations des douanes recourent à des équipements adéquats aux fins du contrôle. Comme pour tous les modes de transport, les navires présentent leurs propres difficultés en matière d’inspections et de perquisitions. La fouille des navires prend énormément de temps et se révèle très onéreuse dans la mesure où elle exige du personnel spécialisé, en particulier pour le contrôle des parties qui restent sous l’eau.

© Danish Customs
Le drone est relié à un câble à travers lequel il envoie des images vidéo et reçoit les instructions de pilotage

Au Danemark, la Douane ne dispose pas d’une unité propre de plongeurs et l’Équipe des fouilles doit recourir aux services de la Marine danoise pour entreprendre des perquisitions subaquatiques. Elle s’est libérée partiellement de cette dépendance en achetant un nouvel appareil : un véhicule télécommandé ou drone sous-marin, spécialement conçu et mis au point pour faciliter l’observation sous-marine. Si quelque chose de suspect est identifié dans les images reçues à travers le drone, la Douane doit

© Danish Customs

toutefois encore faire appel aux plongeurs de la Marine danoise pour effectuer un contrôle.

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L’écran du tableau de bord, qui permet de visualiser les images vidéo reçues, peut être connecté à un ordinateur portable afin d’en tirer d’éventuelles séquences vidéo

Le drone a été choisi pour sa facilité d’utilisation et pour son prix abordable. L’opérateur peut piloter rapidement et facilement le drone sous-marin en utilisant une télécommande du même type qu’une console de jeu, sans avoir suivi de formation particulière préalable. En outre, le drone peut être facilement transporté d’un endroit à l’autre et jeté à l’eau depuis le quai.

Le drone a fait l’objet d’essais depuis décembre 2017 et l’Équipe des fouilles de la Douane est particulièrement satisfaite de son efficacité impressionnante, l’outil permettant de perquisitionner les parties du navire immergées dans l’eau et qui sont difficiles à atteindre, comme la coque, le gouvernail et le propulseur d’étrave (les hélices du bateau apportant un appui latéral et rendant l’embarcation plus manœuvrable).

Toutefois, l’appareil a ses limites, l’une d’elles étant la faible visibilité sous l’eau sous certaines conditions. Selon le port, cette dernière peut varier de 2-3 mètres à quelque 30 centimètres seulement. Cette énorme différence peut être due aux conditions météorologiques, à la profondeur de l’eau (dans des eaux peu profondes, les hélices du bateau peuvent causer des remous soulevant de la vase) et aux courants. Il peut s’avérer difficile pour le véhicule de naviguer sous l’eau dans des courants forts et avec une faible visibilité, ce qui rend le processus de contrôle moins précis.

Afin de pallier ces limites, l’Équipe des fouilles s’attelle actuellement à la tâche d’améliorer le drone. Il s’agira notamment d’y monter un dispositif de captage qui permettra à l’équipe de voir la profondeur de la zone contrôlée, de fixer une chenille qui permettra au drone de ramper en dessous de la base du navire dans de forts courants, et d’installer un sonar qui rendra possible une visibilité sous eau jusqu’à 30 mètres. Ces améliorations rendront les inspections plus efficaces en cas de conditions subaquatiques médiocres.

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Thomas.Petersen@toldst.dk
Bo.Damgaard.Nielsen@toldst.dk